Vous pensez choisir librement ? Votre inconscient n’est peut-être pas du même avis.

Vous entrez dans un restaurant.

Vous regardez la carte.

Vous hésitez.

Vous réfléchissez.

Et vous choisissez.

Voilà. Décision parfaitement libre.

Enfin… en apparence.

Parce qu’avant même que vous ayez commencé à comparer les plats, votre cerveau avait déjà quelques informations sous le coude.

Vos goûts.

Vos habitudes.

Vos souvenirs.

Ce que vous avez mangé hier.

Ce que vous associez à un bon repas.

Ce que vous refusez catégoriquement de goûter depuis qu’à 8 ans quelqu’un vous a forcé à finir cette fichue assiette d’épinards.

Bref.

Vous choisissez. Mais vous ne choisissez jamais complètement à partir de zéro.

Et pour les décisions importantes de notre vie… c’est encore plus intéressant.

Nous aimons penser que nos décisions sont rationnelles

Quand nous faisons un choix, nous trouvons généralement de très bonnes raisons pour l’expliquer.

« Ce travail est plus raisonnable. »

« Ce n’était pas le bon moment pour me lancer. »

« Cette personne ne me correspondait pas. »

« Je préfère rester ici, c’est plus pratique. »

« Ce projet était trop risqué. »

Et toutes ces raisons peuvent être parfaitement vraies.

Mais parfois, derrière la raison officielle, une autre influence s’est glissée dans la décision.

Une peur.

Une croyance.

Une expérience passée.

Le besoin d’être rassuré.

La peur de décevoir.

L’envie d’être reconnu.

Une habitude.

Un vieux réflexe de protection.

Et celui-là, bizarrement, ne participe pas à la réunion en levant la main.

Prenons un exemple

Imaginez deux propositions professionnelles.

La première ressemble beaucoup à ce que vous connaissez déjà.

Vous maîtrisez.

Vous savez que vous serez compétent.

Pas énormément de surprises.

La seconde vous attire beaucoup plus.

Elle correspond davantage à ce que vous aimeriez faire.

Mais elle implique de vous exposer, d’apprendre, de prendre un risque et peut-être même… d’échouer.

Vous réfléchissez.

Vous pesez le pour et le contre.

Et vous choisissez la première.

Votre explication :

« C’est quand même plus raisonnable. »

Peut-être.

Mais il est également possible qu’une petite partie de la décision ait été influencée par :

« Là au moins, je sais que je suis capable. »

Et ça change légèrement la lecture.

Vous pensiez choisir entre deux emplois.

Votre cerveau choisissait peut-être aussi entre sécurité et incertitude.

Notre cerveau ne cherche pas toujours ce que nous voulons

C’est une distinction que je trouve essentielle.

Nous pouvons vouloir consciemment évoluer, changer, essayer quelque chose de nouveau…

tout en ayant un cerveau particulièrement attaché à ce qu’il connaît déjà.

Parce que son travail n’est pas de nous construire la vie la plus passionnante possible.

Il cherche notamment à anticiper, automatiser et nous protéger.

Et pour cela, il s’appuie sur ce qu’il a appris.

Imaginez votre cerveau avec une énorme base de données.

À chaque nouvelle situation, il ne se demande pas uniquement :

« Qu’est-ce qu‘il veut vraiment ? »

Ce serait trop simple.

Il compare aussi avec ce qu’il connaît déjà.

Est-ce que j’ai déjà vécu quelque chose de similaire ?

Est-ce que cela s’est bien terminé ?

Est-ce que je risque quelque chose ?

Est-ce que ça ressemble à une situation dans laquelle je me suis senti rejeté, humilié, abandonné ou en échec ?

Et tout cela peut influencer ce que nous allons ressentir face à une décision.

Avant même d’avoir terminé notre magnifique tableau « avantages / inconvénients ».

Et c’est là que ça devient trompeur

Parce que l’influence inconsciente n’arrive pas avec une pancarte :

ATTENTION : PEUR DU REJET EN TRAIN D’INFLUENCER VOTRE DÉCISION.

Ce serait franchement pratique.

Quoique… on peut apprendre à reconnaître ces mécanismes presque en plein vol. Et c’est justement tout l’intérêt du programme Réos.

Bref, elle peut simplement prendre la forme d’une sensation.

« Je ne le sens pas. »

« Finalement, je n’en ai plus tellement envie. »

« Je crois que ce n’est pas pour moi. »

« Je préfère attendre encore un peu. »

Et parfois, c’est parfaitement juste.

Notre intuition existe et toutes nos hésitations ne cachent évidemment pas un mécanisme inconscient.

Mais parfois…

ce que nous prenons pour une décision réfléchie est aussi une décision influencée par quelque chose que nous n’avons pas identifié.

Nos croyances participent également au vote

Prenons quelqu’un qui a grandi avec cette idée :

« Pour gagner correctement sa vie, il faut travailler dur. »

Il souhaite créer une activité qui pourrait lui permettre de gagner davantage tout en travaillant différemment.

Sur le papier, il adore l’idée.

Mais lorsqu’une véritable opportunité apparaît, quelque chose coince.

Il doute.

Il trouve le projet trop beau.

Il cherche ce qui pourrait mal tourner.

Il repousse.

Pourquoi ?

Peut-être simplement parce que cette nouvelle possibilité entre en contradiction avec une croyance profondément installée.

Si, depuis toujours, votre cerveau associe argent = effort difficile, gagner de l’argent plus facilement peut presque sembler suspect.

Même si consciemment vous en rêvez.

Et c’est valable dans énormément de domaines.

L’amour.

Le travail.

L’argent.

La réussite.

Les relations.

La confiance.

La place que nous pensons mériter.

Nous ne décidons pas uniquement avec ce que nous voulons aujourd’hui. Nous décidons aussi avec tout ce que nous avons appris hier.

Alors… sommes-nous vraiment libres ?

Oui.

Mais pas toujours autant que nous le pensons.

Et surtout, notre liberté augmente lorsque nous devenons capables d’identifier ce qui influence nos choix.

Parce qu’il y a une énorme différence entre :

« Je ne veux pas le faire. »

et :

« J’aimerais le faire, mais quelque chose en moi a peur de ce qui pourrait arriver si je le faisais. »

Dans le premier cas, je fais un choix.

Dans le second, je découvre peut-être qu’une peur choisissait un peu à ma place.

Et ce n’est qu’en la voyant que je peux réellement décider :

Est-ce que je veux l’écouter ?

Avant une décision importante, essayez ceci

Lorsque vous hésitez beaucoup face à un choix, ne vous demandez pas seulement :

« Qu’est-ce qui est le mieux ? »

Essayez aussi :

« Qu’est-ce qui influence ma décision ? »

Est-ce réellement ce que je veux ?

Ou est-ce ce qui me rassure ?

Qu’est-ce que je choisirais si je savais que personne ne me jugerait ?

Qu’est-ce que je choisirais si je n’avais pas peur d’échouer ?

Est-ce que je renonce parce que cela ne me correspond pas…

ou parce que cela m’oblige à sortir de ce que je connais ?

Et surtout :

Est-ce moi qui dis non… ou une vieille peur qui répond avant moi ?

Vous n’aurez pas forcément une révélation spectaculaire à chaque fois.

Mais vous commencerez peut-être à remarquer quelque chose.

Des choix qui se ressemblent.

Des situations que vous évitez.

Des décisions que vous reportez.

Des possibilités que vous écartez presque automatiquement.

Et c’est précisément là que l’exploration devient intéressante.

La liberté ne consiste peut-être pas à n’être influencé par rien

Ce serait probablement impossible.

Nous sommes le résultat de milliers d’expériences, d’apprentissages, de souvenirs, de croyances et d’émotions.

Tout cela participe forcément à notre manière de voir le monde.

La véritable liberté pourrait plutôt commencer ici :

comprendre suffisamment ce qui nous influence pour pouvoir décider si nous voulons encore le laisser choisir à notre place.

Parce qu’un mécanisme invisible décide facilement pour nous.

Une fois qu’on l’a repéré… on peut enfin participer à la décision.

Vous ne pourrez jamais choisir sans votre histoire. Mais vous pouvez apprendre à ne plus la laisser écrire seule la suite.

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