Le problème n’est pas votre manque de motivation.

Vous avez envie de le faire.

Vraiment.

Reprendre le sport, changer de travail, lancer ce projet, vous former, ranger cette pièce qui ressemble désormais à une zone de fouilles archéologiques.

Vous y pensez régulièrement.

Vous vous dites :

« Lundi, je m’y mets« 

Et lundi arrive.

Puis mardi.

Puis… le lundi suivant.

Alors forcément, au bout d’un moment, le verdict tombe :

« Je manque de motivation« 

Ou pire :

« Je suis vraiment feignant(e)« 

Mais si le problème n’était pas votre motivation ?

Parce qu’en réalité… vous êtes motivé(e)

C’est justement ce qui est étrange.

Vous voulez ce nouveau travail.

Vous voulez lancer votre projet.

Vous voulez reprendre le sport.

Alors pourquoi ne faites-vous rien ?

Parce qu’avoir envie d’un résultat et être prêt à affronter tout ce qu’il implique sont deux choses différentes.

Prenons quelqu’un qui rêve de créer son entreprise.

Le projet lui plaît.

Il en parle depuis des mois.

Il imagine même très bien ce qu’il pourrait faire.

Donc, côté motivation…

elle est là.

Mais créer cette entreprise signifie peut-être aussi :

se montrer

prendre un risque

investir de l’argent

ne pas savoir si cela va fonctionner

être jugé

échouer

ou, chose à laquelle on pense moins…

réussir et devoir changer complètement de vie.

Tout à coup, le problème devient beaucoup plus intéressant qu’un simple :

« Je ne suis pas assez motivé(e)« 

Une partie de vous veut avancer. Une autre freine.

C’est une sensation que beaucoup connaissent.

Vous appuyez sur l’accélérateur… avec le frein à main encore enclenché.

Et ensuite, vous vous demandez pourquoi la voiture n’avance pas.

La partie consciente dit :

 » J’en ai envie« 

Mais une autre partie peut répondre :

 » Oui… mais c’est risqué« 

 » Et si j’échoue ? « 

 » Et si je ne suis pas à la hauteur ? « 

 » Et si les autres me jugent ? « 

« Et si je perds ce que j’ai déjà ? « 

Ce n’est donc pas forcément l’envie qui manque.

Il peut simplement y avoir quelque chose qui pèse plus lourd que l’envie au moment d’agir.

C’est là que la procrastination devient intéressante

On parle souvent de procrastination comme d’un problème à éliminer.

Il faudrait être plus organisé.

Faire des listes.

Se lever plus tôt.

Découper ses objectifs.

Mettre des alarmes.

Et parfois, oui, ça aide.

Mais si vous avez acheté trois agendas, téléchargé quatre applications d’organisation et regardé douze vidéos sur la productivité…

et que vous ne faites toujours pas cette chose précise…

il est peut-être temps de regarder ailleurs.

Parce que repousser peut parfois avoir une fonction.

Éviter une émotion désagréable.

Éviter la peur de se tromper.

Éviter de se confronter à ses capacités.

Éviter le regard des autres.

Ou simplement rester dans quelque chose que notre cerveau connaît déjà.

Ce n’est pas une excuse pour ne rien faire.

C’est une piste pour comprendre pourquoi vous ne le faites pas.

Parfois, ce n’est même pas l’échec qui fait peur

Imaginez que vous rêviez depuis longtemps d’obtenir un poste avec davantage de responsabilités.

Une opportunité arrive.

Sur le papier, c’est exactement ce que vous vouliez.

Et pourtant…

Vous commencez à hésiter.

« Ce n’est peut-être pas le bon moment« 

 » Finalement, mon poste actuel n’est pas si mal« 

 » Je ne suis pas sûre d’avoir toutes les compétences« 

« Je vais attendre encore un peu« 

Ça ressemble à un manque de motivation.

Mais derrière, il peut y avoir autre chose :

 » Et si je n’étais pas à la hauteur ? « 

Ou :

 » Et si je réussissais… et qu’on attendait ensuite encore plus de moi ? « 

C’est là qu’on comprend quelque chose d’important :

nous ne freinons pas uniquement devant ce que nous ne voulons pas.

Nous pouvons aussi freiner devant quelque chose que nous désirons profondément, simplement parce que cela nous emmène vers un territoire inconnu.

Notre cerveau aime aussi ce qu’il connaît

Changer, même pour aller vers quelque chose de positif, demande de quitter une situation familière.

Et familier ne veut pas forcément dire agréable.

On peut détester son travail… et pourtant hésiter à en changer.

Se plaindre d’une situation et y avoir construit tous ses repères.

Vouloir changer tout en sachant exactement qui l’on est dans notre vie actuelle.

Le nouveau, lui, ne donne aucune garantie.

C’est un peu comme quitter une vieille paire de chaussures inconfortables pour une paire de chaussures toute neuve.

Les vieilles elles vous font mal.

Mais vous savez exactement où elles vous font mal.

Les nouvelles ?

Mystère.

Et notre cerveau peut parfois préférer un inconfort connu à une incertitude qu’il ne maîtrise pas encore.

 » Pourtant, quand je veux vraiment quelque chose, je peux être hyper motivé(e) « 

Justement.

Vous avez peut-être déjà remarqué quelque chose d’étrange.

Pour certaines choses, vous êtes capable d’une énergie incroyable.

Vous pouvez passer quatre heures à organiser un voyage qui vous enthousiasme.

Refaire entièrement une pièce en un week-end.

Chercher pendant des heures une information qui vous passionne.

Et pourtant, ce dossier important reste sur votre bureau depuis trois semaines.

Donc non.

Vous n’êtes probablement pas une personne sans motivation.

La vraie question serait plutôt :

Pourquoi mon énergie circule-t-elle facilement vers certaines choses et se bloque-t-elle devant celle-ci ?

Et cette question change complètement le regard que l’on porte sur soi.

Avant de chercher comment vous motiver…

Essayez de repenser à quelque chose que vous repoussez depuis longtemps.

Pas quinze choses.

Une seule.

Puis demandez-vous :

Est-ce que j’ai réellement envie de le faire ?

Parce que oui, première possibilité : parfois nous essayons désespérément de nous motiver pour quelque chose dont nous n’avons tout simplement pas envie.

Un objectif que l’on pense devoir avoir.

Une activité que tout le monde nous conseille.

Un projet qui ferait bien sur le papier.

Dans ce cas, le problème n’est peut-être pas la motivation.

C’est l’objectif.

Mais si vous en avez réellement envie, continuez.

Lorsque j’ai eu l’idée de ce site, 1 ans plus tôt, j’étais à fond dans le projet ! Ma première formation prête en 3 mois, recherche pour mes articles et la construction du site, bref j’y étais je pensais le lancer très vite. Puis est venu le moment ou j’ai moins trouver le temps, ou j’avais l’impression de ne plus avancer.

Avec les questions les doutes, est ce que ça va intéresser les gens, est ce que vraiment je veux me lancer là dedans… Mais comment ça, je ne trouve plus la motivation? bien sur que je voulais faire ce site ! Bien sur que je voulais me lancer dans ces formations!

Mais un petit peu de moi freinait le jour J. pourquoi ? C’est ce que je me suis posée comme question.

Et c’est ce qui m’a fait reprendre le clavier et mes articles.

Qu’est-ce qui se passerait si je le faisais vraiment ?

C’est probablement la question la plus intéressante.

Pas :

 » Pourquoi je suis incapable de m’y mettre ? « 

Mais :

« Si je le faisais vraiment, qu’est-ce que cela changerait ? « 

Et laissez venir les réponses.

Si je change de travail…

Si je lance mon activité…

Si je reprends mes études…

Si je termine ce projet…

Si je prends enfin cette décision…

Qu’est-ce que je risque ?

Pas uniquement matériellement, émotionnellement aussi.

Être jugé(e) ?

Échouer ?

Décevoir quelqu’un ?

Ne plus pouvoir revenir en arrière ?

Découvrir que vous n’êtes pas aussi bon(ne) que vous l’espériez ? Ou devoir assumer que vous l’êtes ?

Puis posez-vous une autre question :

 » Qu’est-ce que je gagne à ne rien changer ? « 

Celle-là peut être légèrement agaçante.

Parce que consciemment, la réponse est souvent :

 » Rien du tout ! « 

Et pourtant…

Rester là peut préserver quelque chose.

Une sécurité.

Une habitude.

Une image de soi.

Une relation.

L’absence de risque.

La possibilité de continuer à rêver sans avoir encore à confronter le rêve à la réalité.

Ne vous traitez plus de feignant(e). Enquêtez.

La prochaine fois que vous pensez :

 » Je manque vraiment de motivation. « 

Essayez de remplacer cette phrase par :

 » Qu’est-ce qui me freine ? « 

Ce n’est pas du tout la même posture.

Dans la première, le problème, c’est vous.

Dans la seconde, il y a quelque chose à comprendre.

Et ce quelque chose peut être très concret : fatigue, manque de temps, objectif trop grand, manque de méthode.

Mais parfois, derrière le frein se cache aussi une peur, une croyance, un conflit intérieur ou simplement le confort rassurant de ce que l’on connaît déjà.

Et tant qu’on appelle tout cela « manque de motivation « , on risque de chercher la mauvaise solution.

Parce qu’on ne répare pas un frein… en appuyant plus fort sur l’accélérateur.

Retour en haut